Trois pouvoirs principaux guident les instances dirigeantes d'une entreprise. Le premier d'entre eux est l'Etat qui régule le cadre dans lequel l'entreprise évolue. Le second pouvoir regroupe les clients dont les souhaits et les attentes doivent impérativement être pris en compte. Finalement, la troisième force en présence est constituée par les actionnaires-propriétaires. Paradoxalement, c'est souvent le pouvoir des actionnaires qui est aujourd'hui le plus controversé par les instances dirigeantes.
En effet, avec le développement rapide de l'actionnariat institutionnel, les rapports de force entre actionnaires et dirigeants se sont sensiblement modifiés. Les investisseurs institutionnels ont une responsabilité fiduciaire par rapport à leurs bénéficiaires, ce qui les a contraints à devenir aussi professionnels que les dirigeants des sociétés dont ils ont acquis des actions. Ils veulent pouvoir comprendre et partager les orientations stratégiques définies par le conseil d'administration et demandent à obtenir davantage de droits. Ces investisseurs orientés à long terme favorisent de plus en plus le dialogue avec le management, à l'instar d'Ethos, ce qui se traduit par une stratégie «voice», plutôt que par l'option «exit» qui consiste à vendre les titres en cas de désaccord.
L'approche «voice» conduit à engager le dialogue individuel ou collectif avec les instances dirigeantes. Si celui-ci ne porte pas de fruits, les investisseurs peuvent alors être amenés à déposer des résolutions d'actionnaires. Cela est actuellement le cas dans le domaine sensible des rémunérations des instances dirigeantes. A ce sujet, les différents articles des pages 2 et 3 donnent un aperçu de la problématique «say on pay». La catastrophe écologique du golfe du Mexique constitue une autre préoccupation pour nombre d'investisseurs. Le dossier présenté en pages 4 et 5 aborde ce thème en montrant également le sens que peut avoir une stratégie de dialogue pour un investisseur à long terme.